Historique

L’AHCCM déploie son activité sur le territoire d’un ancien domaine agricole constitué aux 17e et 18e siècles, le « Domaine de Malagnou » comportant prés, champs, vergers, vigne.

L’histoire de la Campagne Charles-Martin à Genève témoigne de l’évolution patrimoniale et paysagère du quartier des Eaux-Vives.

Une campagne du 18e siècle
Une campagne du 18e siècle

18e siècle

Le « Domaine de la Petite-Boissière » a pour propriétaire Jean Roque (1700-1773)

  • Construction d’une maison d’habitation et de dépendances.
  • Création de deux doubles alignements de tilleuls et d’ormeaux, exemple unique d’une quadruple allée d’arbres à Genève

1832 - 1936

Le domaine atteint une superficie de 78’000 m2. Prend le nom de Campagne Charles-Martin lorsque le pasteur Charles Martin (1843-1934) en devient propriétaire en 1876.

Construction de la maison de maître (actuel cénacle) en 1892-1893

1934

Mort du pasteur Charles-Martin. Peu après, ses héritiers divisent la Campagne. Une partie est cédée à la Ville de Genève qui en fait une promenade publique, le reste est loti en parcelles qui accueilleront des villas.

Image Bibliothèque de Genève

L’urbanisation
L’urbanisation

1936

Les héritiers de Charles Martin et la Ville de Genève s’entendent pour un morcellement en trois parties

  1. zone centrale de 20’000 m2 avec maison de maître et parc
  2. villas plus ou moins cossues côté Malagnou (à droite de l'image) et Amandolier (en bas)
  3. villas modestes au nord, côté Petite-Boissière (à gauche)

Grâce à la loi cantonale sur l’extension de 1929, un plan d’aménagement et un règlement de quartier permettent une urbanisation novatrice, significative des années 1930

  • Quartier destiné exclusivement à la résidence, interdiction de diverses activités
  • Réglementation sur les gabarits des villas et les arbres à planter dans les jardins
  • La Ville hérite de l’allée centrale. Un éclairage original en quinconce est installé

2007

Adoption par le Conseil d’Etat du Plan localisé de quartier «Amandolier» prévoyant cinq immeubles alignés entre l'avenue de l'Amandolier (à gauche sur le plan) et la promenade Charles-Martin. Autorisations de construire en 2022, construction en 2023-2026.

Le Plan de la Ville de Genève
Le Plan de la Ville de Genève

2014

Lancement par la Ville de Genève du Plan localisé de quartier «Petite-Boissière» prévoyant sur 64’000 m2 :

  • 14 immeubles en forme de plots
  • 550 logements
  • une école (le long de la Pte-Boissière, 4 parcelles en haut sur le plan)

Une deuxième version déplace une rangée d'immeubles et sort le périmètre prévu pour l'école afin de le traiter séparément.

2019

Contre-projet de l’Association des habitants de la campagne Charles-Martin

  • Immeubles en forme d’îlots, moins élevés et plus attractifs que les plots prévus par le PLQ de la Ville
  • Nombre de logements et densité similaires
  • Meilleure préservation du patrimoine bâti et environnemental

L'AHCCM présente son plan lors de séances d’information avec la Ville de Genève, sans succès. Le service d'urbanisme et la conseillère administrative chargée de l'aménagement refusent de modifier le PLQ "Petite-Boissière".

Février 2023

Le Conseil fédéral adopte la mise à jour de l’inventaire des sites construits d'importance nationale à protéger (ISOS) à Genève. Les fiches 61 ("Lotissement de la Petite-Boissière") et 62 ("Petite-Boissière) préconisent de préserver ce qu’il reste de la Campagne Charles-Martin. Elles soulignent l'intérêt des jardins, d'une arborisation remarquable et d'un patrimoine bâti homogène, témoin d'une époque.

Eté 2023

Le Conseil d’Etat refuse le Plan localisé de quartier défendu par la Ville. Il invoque les objectifs de sauvegarde du quartier établis par le rapport ISOS et validés par le Conseil fédéral en février 2023. Le chef du département cantonal du territoire Antonio Hodgers dit vouloir prendre l'avis de la commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage.

2025

Faute de pouvoir construire sur son domaine du cénacle les immeubles prévus par le plan de 2014, l'Église catholique décide de vendre le terrain. Elle le propose à la Ville de Genève. Le Conseil municipal vote l'achat en janvier 2026, donnant à la collectivité l'espace nécessaire à la construction d'une école primaire très attendue. La maison de maître pourra héberger des salles d'études et des activités parascolaires.